Le temps des grands travaux d’infrastructures serait-il révolu ?

On est en doit de se poser la question. Qu’il s’agisse de Lignes à Grande Vitesse ou d’axes autoroutiers, les financements peine à se concrétiser. Et les restrictions budgétaires imposées par la situation économique et les différents plans d’austérité en Europe n’incitent pas à l’optimisme. Pas plus, d’ailleurs, que les attaques répétées contre la route, trop souvent assimilées par certains aux énergies polluantes et à la destruction de notre environnement. Mais il existait des routes bien avant les moteurs à explosion. Et les véhicules de demain, aussi propres soient-ils, solaires ou électriques, devront bien rouler quelque part. D’ailleurs, même les vélos ont besoin de pistes cyclables. La route, aujourd’hui, est une voie hautement défendable. Sa capacité à relier les hommes demeure intacte… Sa rapidité à intégrer des techniques « propres » s’avère remarquable. Nouvelles techniques, nouveaux matériaux, nouvelles méthodes… Réaliser des ouvrages de référence, qui ne nuisent pas à notre cadre de vie n’est pas une vue de l’esprit mais belle et bien une réalité. Quant à l’opposition artificielle entre les moyens de transport, elle constitue une vraie perte de temps. Les grandes entreprises (et c’est l’orgueil de la nôtre) peuvent indifféremment contourner les grandes villes, les traverser avec des lignes de tramway, les relier entre elles par le passage de lignes ferroviaires à grande vitesse.
Au final, les nouvelles contraintes et les difficultés actuelles de financement ne constitueront pas des barrages infranchissables, ni pour les professionnels, ni pour les décideurs publics ou privés. Ils cherchent tout simplement à travailler différemment.
Les générations précédentes avaient appris à percer les montagnes, à tracer de larges couloirs routiers dans les plaines. Demain verra l’avènement d’une route encore plus propre et respectueuse, et bientôt d’une route technologiquement intelligente. Nul doute que la société de demain ne sera pas une cité d’assignés à résidence. Et quand la reprise économique sera là, la route ne l’aura pas attendue pour avancer.

À propos de Laurent Grall

Président du Directoire Spie batignolles

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